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Notre mission : aménager à Khayelitscha, un bidonville de 600 000 âmes, une aire de jeu dans la cour d’une maison d’accueil pour jeunes garçons arrachés à la rue. Il est 8h du matin lorsque nous quittons le centre ville à destination des « Townships ».
Après quelques tours et détours, nous voici arrivés à Elukhuselweni, l’orphelinat de l'association Homestead. Celle-ci ramasse des enfants dans les rues du Cap, les apprivoise, soigne "leur corps" et enquête sur leur passé. S'il y a des parents, elle essaie de les aider pour remettre les choses en route ; sinon, elle prend les enfants en charge ici, à Elukhuselweni.
Et maintenant au boulot ! Avec Nelson, Ayanda, Chalton, Mncedisi plus une dizaine d’autres jeunes de 6 à 16 ans et sous la direction de notre coach Andrew, on gâche le ciment, on scie, on visse, on creuse, on bêche...Au début, on se regarde en chiens de faïence, sans toujours se comprendre : leur anglais (quand ils parlent anglais, car il y a 11 langues officielles en Afrique du Sud), a des accents afrikaners bizarres. Les jeunes observent à distance puis s’approchent un à un. Les mains expliquent et se joignent dans l’effort commun. Rires et prénoms fusent. Pelles, brouettes et perceuses valsent avec de plus en plus d’entrain.
À la fin de la journée, on est tous méconnaissables, crasseux et fatigués, mais très fiers de la tâche accomplie ensemble. Le portique tient bon, les arbres sont arrosés, le ciment prend. Andrew a droit à un tour d’honneur dans la brouette portée par les ados. Photos, hourras, poignées de main (à la banlieusarde), et regrets de devoir en rester là. Fini le malaise : ni voyeur, ni coupable, notre regard n’est définitivement plus le même.
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